MÉDAILLE D’HONNEUR
DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

 

 

- 6 juillet 1887 -

 

 

 

HISTORIQUE & MODALITÉS D’ATTRIBUTION

 

 

L’ordonnance royale du 28 juillet 1816, créa une médaille destinée à récompenser les actes de courage et de dévouement accomplis par des Français en territoire étranger. L'année 1861 verra la création de deux échelons : Argent et Or.
Puis, par le décret n° 18-181 du 6 juillet 1887, fut instituée la Médaille d’honneur des Affaires Étrangères, appelée Médaille du Président de la République, lorsque dans des cas exceptionnels, elle est remise par celui-ci.

Ce décret, signé du président Jules Grévy, avait été pris sur initiative de son ministre des Affaires étrangère, M. Flourens, qui le présenta alors en ces termes : "J'ai l'honneur de soumettre à votre approbation un projet de décret relatif à la création de médailles d'honneur dans les pays placés sous le protectorat de la France et relevant de mon département. Il est en effet souvent impossible, dans l'état actuel de la législation, de récompenser par des distinctions honorifiques les auteurs d'actes de dévouement et de courage accomplis dans ces contrées. Les Ordres nationaux locaux semblent devoir être réservés pour les services rendus à l'État ; comme, d'autre part, il n'existe dans les pays protégés aucune institution qui corresponde aux médailles d'honneur françaises, c'est avec ces dernières seules que le Gouvernement peut témoigner sa satisfaction aux sauveteurs.
En ce qui concerne les actes de dévouement à la mer, l'attribution de ces médailles ne donne lieu à aucune difficulté. Dans les cas semblables, en effet, le ministre de la Marine a qualité pour accorder des récompenses de ce genre, soit aux Français, soit aux indigènes, soit aux étrangers. Il n'en est pas de même pour les actes accomplis dans d'autres conditions, et il semble qu'il y ait là, dans notre législation, une lacune qu'il serait point sans intérêt de combler.
Je crois devoir, en conséquence, vous proposer de décider qu'à l'avenir le département des affaires étrangères aura qualité pour décerner des médailles d'honneur pour actes de courage qui auraient été accomplis, ailleurs qu'à la mer, dans les pays de protectorat, relevant de cette administration. Cette décision permettra de reconnaître le dévouement et l'abnégation des sauveteurs nationaux aussi bien qu'étrangers habitants les pays soumis à ce régime et sera une preuve de plus de l'intérêt vigilant que le Gouvernement de la République porte à la population de ces contrées.
"

Actuellement, cette médaille est attribuée pour services exceptionnels rendus à l'étranger par les fonctionnaires et militaires français. Elle peut également être décernée aux autres Français et aux étrangers ayant rendu, en territoire étranger, des services exceptionnels à la France, ou ayant accompli des actes de courage et de dévouement exceptionnels en faveur des Français.

C'est une médaille comportant trois échelons :

¨  la Médaille de Bronze pour 20 ans de services ;

¨  la Médaille d’Argent pour 25 ans de services ;

¨  la Médaille de Vermeil pour 30 ans de services.

Les services militaires accomplis, soit en temps de paix au titre du service militaire légal, soit en temps de guerre, et les services assimilés, ainsi qu'éventuellement les bonifications d'ancienneté afférentes à ces services, entrent en ligne de compte pour l'attribution de cette médaille.

Pouvant être remise à titre posthume, elle est aussi décernée à titre exceptionnel, sans de condition d'ancienneté, à l'un quelconque des trois échelons, en raison de la qualité particulière des services rendus.

Lorsqu'en période de troubles ou de guerre, elle est conférée à "titre Militaire", pour services rendus "sous le feu de l'ennemi", tant aux militaires qu'aux civils, la médaille comporte alors une bélière constituée par une couronne de feuilles de chêne posée sur deux glaives pointes en haut ( en sautoir ). Les militaires la reçoivent aux échelons suivant :

¨  la Médaille de Bronze pour les hommes du rang ;

¨  la Médaille d’Argent pour les sous-officiers ;

¨  la Médaille de Vermeil pour les officiers.

Ce sont les autorités diplomatiques, qui établissent les propositions et les transmettent au ministère des Affaires Étrangères.

Chaque titulaire de la médaille reçoit un diplôme qui rappelle les services pour lesquels il a été récompensé.

La Médaille d'honneur des Affaires Étrangères se perd de plein droit par déchéance de la nationalité française et pour toute condamnation à une peine afflictive ou infamante.
Le retrait de la médaille peut être prononcé par décision ministérielle en cas de condamnation à une peine correctionnelle d'emprisonnement sans sursis, égale ou supérieure à deux mois.

 

 

 

BÉNÉFICIAIRES

 

 

Cette distinction récompense le courage et le dévouement :

¨  des fonctionnaires et agents diplomatique français en poste à l’étranger ;

¨  des personnels chargés de la protection de nos ambassades ou consulats ;

¨  des nationaux et étrangers ayant rendu des services exceptionnels à la France ou ayant accompli des actes de courage en faveur de Français séjournant à l’étranger, soit en temps de paix, soit en période de trouble ou de guerre.

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES

 

 

RUBAN

 

 

Largeur de 30 mm.
Tricolore à trois raies verticales, bleu, blanc et rouge de largeur égale.

 

 

INSIGNES

 

 

Modèle « civil » ( décerné depuis le décret du 6 juillet 1887 )

Médailles rondes en bronze, argent ou vermeil suivant l’échelon et du module de 27 mm.
Gravure de Jean-Baptiste DANIEL-DUPUIS.

Sur l’avers    : l’effigie de la République couronnée entourée de la légende  REPUBLIQUE  FRANÇAISE.

Sur le revers : une couronne mi-chêne, mi-laurier avec au centre un emplacement pour la gravure du nom
                      et du prénom du titulaire.

 

Premier modèle « militaire » ( juillet 1887 à octobre 1917 )

Médaille identique au modèle civil, mais elle s’en différenciait légèrement, par l’adjonction de deux épées croisées, fixées entre la médaille et l’anneau de bélière.

 

Second modèle « militaire » ( décerné depuis octobre 1917 )

Médaille identique au modèle précédent, mais s’en différentiant légèrement, par la bélière formée par une couronne de feuilles de chêne posée sur deux glaives en sautoir.

 

 

 

 

 


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