DÉCORATION DU BRASSARD
DE BORDEAUX

 

 

- 5 juin 1814 -

 

 

 

 

HISTORIQUE & MODALITÉS D’ATTRIBUTION

 

 

Dès l’année 1813, les royalistes bordelais prévoyant la chute rapide de l’Empire, organisèrent une garde royale clandestine placée sous les ordres du commissaire du roi en Guyenne, Taffart de SAINT-GERMAIN. Au fil des mois, la garde royale se développa jusqu’à compter, en février 1814, douze compagnies d’une soixantaine d’hommes chacune.
Le 1er février 1814, le duc d’Angoulême, neveu du Roi Louis XVIII, débarquait à Saint-Sébastien. Il venait pour représenter ce dernier dans les départements du sud de la France. Il se rendit aussitôt à Saint-Jean-de-Luz auprès du duc de WELLINGTON, dont les forces poursuivaient les troupes du maréchal SOULT depuis l’Espagne. Le 4 mars, les royalistes demandèrent en vain aux anglais d’investir Bordeaux, dont la défense était constituée par de faibles troupes dirigées par le général LHUILLIER. Malgré cet échec, les royalistes parvinrent à convaincre par la ruse les anglais, qui se décidèrent alors à envoyer deux divisions d’infanterie et une brigade de cavalerie placées sous les ordres du maréchal BERESFORD. Au soir du 11 mars, les anglais arrivaient au sud de Bordeaux.
Prévenues par des informations déformées, les autorités impériales militaires et civiles avaient déjà quittées la ville et franchies la Garonne. BERESFORD et ses hommes furent accueillis le 12, par un maire de Bordeaux fraîchement rallié à la cause royale, et par les compagnies de la garde royale qui furent dès lors regroupées en deux unités : la garde royale à pied et les volontaires royaux à cheval. Ce même jour, arrivait à Bordeaux, le duc d’Angoulême qui fut accueilli avec une grande ferveur royaliste. Cette journée du 12 mars 1814, eut une large répercussion, non seulement en France, mais aussi à l’étranger, et notamment auprès des souverains de la coalition. Force était de constater, que des Français avaient acclamés le Roi Louis XVIII.
Les hommes de la garde royale reçurent en récompense de leurs services la Décoration du Lys, mais aussi et en particulier pour ceux qui étaient présent en son sein avant et durant la journée du 12 mars, une nouvelle distinction : le Brassard de Bordeaux, créé le 5 juin 1814 par le duc d’Angoulême et attribué, dès le 17 juillet, aux hommes de la garde royale à pied ainsi qu’aux volontaires royaux à cheval.

Ce brassard fut réalisé sous deux formes distinctes :

¨  le brassard des gardes royaux à pied était dû à Taffart de SAINT-GERMAIN, qui demanda à la duchesse d’Angoulême, la permission d’utiliser comme couleur le vert du ruban qu’il reçu d’elle lorsqu’il fut nommé commissaire du roi en 1813. Puis l’on décida de réaliser un brassard constitué par une écharpe de soie blanche moiré de 6 cm de largeur, bordée par un liseré vert de 8 mm et terminée sur ses deux extrémités par des franges d’argent. Au centre du brassard, un écusson portait l’inscription  BORDEAUX 12 MARS 1814. Ce brassard, noué autour du bras gauche, a exister sous une seconde variante caractérisée par un écusson aux lettres, brodées en soie verte, plus grandes et des tombants plus longs aux extrémités bordées de torsades d’argent.

¨  le brassard des volontaires royaux à cheval, dû au chevalier de GOMBAULT, devait être constitué par une simple écharpe en soie blanche unie portant au centre, un écusson d’or émaillé de bleu avec trois lys d’or entourés par une jarretière sur laquelle serait écrit  BORDEAUX  12  MARS  1814. Ce modèle, représenté sur les brevets des volontaires royaux, ne sera pas réalisé mais remplacé par un brassard, de soie blanche unie, lacé au bras gauche par un cordon de soie jaune aux extrémités terminées par un gland d’or. Au centre, un médaillon, posé sur un fond de soleil à rayons en fils d’or, portait deux L dorés en opposition et entrelacés, sur un fond d’émail blanc, entourés par une jarretière émaillée de vert avec l’inscription en lettres dorées BORDEAUX  12  MARS  1814.

 

Les brassards étaient relativement volumineux et ne pouvaient être portés sur la tenue civile des gardes et volontaires ayant quittés le service. Ces raisons poussèrent une délégation de volontaires royaux, reçue le 6 septembre 1814 par le roi, à demander la création d’une décoration plus classique. Le roi approuva cette requête et c’est ainsi que fut créée, ce même jour, la Décoration du Brassard de Bordeaux.

Le Brassard de Bordeaux a pu être appelé par certains auteurs « Ordre du Brassard de Bordeaux » et ce en raison notamment du serment, ou plutôt de l’engagement sacré, de soutenir et de défendre la cause du roi au prix de son sang et de sa vie, pris par les titulaires en acceptant cette décoration. Il n’en demeure pas moins que le Brassard de Bordeaux n’a jamais été considéré officiellement comme un Ordre, mais comme une décoration.

Lorsqu’à partir de 1824, la Décoration du Brassard de Bordeaux sera contrôlée par la Grande chancellerie de l’Ordre royal de la Légion d’honneur, les titulaires se verront demander de retourner leur brevet afin qu’il soit enregistré officiellement.

Sous Louis-Philippe, l’ordonnance du 10 février 1831, officialisera la disparition de la Décoration du Brassard de Bordeaux.

 

 

 

BÉNÉFICIAIRES

 

 

Le Brassard de Bordeaux puis la Décoration du Brassard de Bordeaux récompensèrent :

¨  les gardes royaux à pied de Bordeaux ( 730 titulaires ) ;

¨  les volontaires royaux à cheval de Bordeaux ( 275 titulaires ) ;

¨  quatre hommes de la garde royale du Périgord et du Quercy, présents le 12 mars à Bordeaux ;

¨  les officiers français du régiment des chasseurs britanniques ;

¨  diverses personnalités de la ville de Bordeaux.

Les deux dernières catégories représentant une centaine de titulaires ; c’est donc au total un peu plus d’un millier de personnes qui reçurent le Brassard de Bordeaux.

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES

 

 

RUBAN

 

 

Il était aux couleurs du Brassard d’origine : vert avec sur chaque bord, une raie blanche de 4 mm et un liseré vert de 1 mm.
Il est possible de trouver des insignes avec un ruban particulier : sur un tiers de la largeur, le ruban normal décrit précédemment, était associé, sur les deux tiers restant, à la couleur rouge-orangé uni de l’Ordre de Saint-Louis.

 

 

INSIGNE

 

 

Médaillon double face, de forme ovoïde, représentant un soleil aux rayons brunis.

Sur l’avers    : le centre portait en lettres d’or, un monogramme composé par deux L en opposition et entrelacés,
                      sur un fond d’émail blanc.
                      Ce motif central était entouré par une jarretière portant l’inscription en lettres d’or sur fond
                      d’émail vert  BORDEAUX  12  MARS  1814.

Sur le revers : identique à l’avers.
Le médaillon était surmonté par une couronne royale sommée d’un globe portant une petite fleur de lys.
Cet insigne fut réalisé en trois tailles différentes :

¨  un modèle de taille standard, d’une hauteur totale de 33 mm ;

¨  un modèle de taille moyenne, d’une hauteur totale de 29 mm ;

¨  un modèle de petite taille, d’une hauteur totale de 25 mm.

 

 

 

 

 


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