CROIX DE GUERRE
1914 - 1918
- 8 avril 1915 -

Avant la grande guerre, les actes de courage et les actions d’éclat des militaires au combat, étaient alors récompensés par l’attribution de la Légion d’honneur ou de la Médaille Militaire.
Il a semblé nécessaire dès le commencement de la première guerre mondiale, vu l’importance des forces mobilisées et la durée des opérations, de créer une récompense spécifique destinée aux militaires titulaires d’une citation. Un des plus fervents partisans de cette idée en est le général BOELLE. Il s'en entretien avec le parlementaire et écrivain Maurice BARRÈS qui demande alors, par voie de presse, la création d’une nouvelle récompense militaire, afin « que le chef puisse décorer ses plus braves soldats sur le champ de bataille après chaque affaire. »
Le 23 décembre 1914, plusieurs députés, dont monsieur Georges BONNEFOUS, déposèrent au Parlement une proposition de loi visant à instituer une médaille dite de la Valeur Militaire pour commémorer les citations individuelles.
Favorable à ce projet, le rapporteur de la Commission de l’armée, le commandant DRIANT, député mobilisé, proposait le 4 février 1915, la création d’un Ordre récompensant la valeur militaire, en excluant la faveur et l’ancienneté, appelant cette décoration « la Croix de Guerre ».
Cette proposition ayant été acceptée à l’unanimité ; par la loi du 8 avril 1915 fut donc créée une Croix de Guerre destinée à commémorer, depuis le début des hostilités, les citations individuelles pour faits de guerre à l’ordre des armées de terre et de mer, des corps d’armée, des divisions, des brigades et des régiments.
En ce qui concerne la Marine, les différentes citations à l’ordre du jour, peuvent être respectivement prononcées par les autorités maritimes suivantes :
¨ citation à l’ordre de l’armée par un vice-amiral commandant en chef l’armée navale ou par le ministre de la Marine pour les personnels ne relevant pas du commandant en chef de l’armée navale ;
¨ citation à l’ordre du corps d’armée par les vice-amiraux commandant une escadre, les officiers généraux préfets maritimes ;
¨ citation à l’ordre de la division par un contre-amiral commandant une division indépendante ;
¨ citation à l’ordre de la brigade par les contre-amiraux commandant une division en sous-ordre, les contre-amiraux et capitaines de vaisseau majors généraux commandant les fronts de mer ;
¨ citation à l’ordre du régiment par les officiers supérieurs commandant un bâtiment, une force navale autre que celles prévues précédemment, une formation à terre ne relevant pas du département de la guerre en dehors de métropole.
Les citations accordées par les commandants de région, par les commandants supérieurs des troupes, aux colonies, pour faits de guerre accomplis contre les Allemands ou leurs alliés, sont assimilées, suivant le grade et le rang de l’autorité qui les a accordées, à des citations à l’ordre du corps d’armée, de la division, de la brigade, du régiment. Toutefois, leur approbation est soumise, soit au général commandant en chef ( zone des armées ), soit au ministre de la Guerre pour le personnel relevant de son département.
En cas de décès de l’ayant-droit, la Croix de Guerre est remise, à titre de souvenir et sur leur demande, aux parents du défunt, dans l’ordre suivant : le fils aîné ou à défaut la fille aînée, la veuve, le père, la mère, le plus âgé des frères ou à défaut la plus âgée des sœurs et ainsi de suite, dans l’ordre successoral.
La Croix de Guerre n’est pas délivrée à ceux qui, se trouvant dans les conditions stipulées plus haut pour l’obtenir, auraient, pendant leur présence sous les drapeaux et postérieurement à l’obtention de leur citation, encouru des condamnations ou tenu une conduite qui les rendraient indignes de recevoir cette distinction.
La radiation des contrôles de la Croix de Guerre sera prononcée, soit en cas de perte de la qualité de français, soit en cas de condamnation à une peine afflictive ou infamante ou comportant la dégradation militaire.
Parmi les troupes étrangères qui reçurent la Croix de Guerre, une forte proportion fut attribuée à des soldats américains qui, jusqu’à la création, le 9 juillet 1918, de la Distinguished Service Cross ( Croix des Services Distingués ) et de la Silver Star ( Étoile d’Argent ), n’avaient point de croix de guerre spécifique.
Pour la grande guerre, l’on dénombrait, au 1er mars 1920, un total d’environ 2 055 000 citations décernées, auxquelles s’ajoutaient les citations accompagnant la remise de la Légion d’honneur et la Médaille Militaire, ainsi que les citations à titre posthume. Suite à des abus dans l’attribution de la Croix de Guerre, les députés votèrent pour un projet, malheureusement resté sans suite, visant à créer une croix de guerre spéciale pour les combattants du front. En effet, comment comparer le mérite d’un soldat de l’arrière, face au mérite, l’héroïsme et la bravoure d’un soldat du front combattant sous le feu de l’ennemi ? Le problème reste entier aujourd’hui.
La Croix de Guerre 1914-1918 n’est, en règle générale, plus décernée depuis le 18 octobre 1921.
Total des citations avec attribution de la Croix de Guerre 1914-1918 : 2 065 000.
Les titulaires peuvent adhérer à l'Association nationale des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, dont le siège social est situé à l'Hôtel national des Invalides - 129, rue de Grenelle à Paris ( 75700 cedex 07 ) - Tél. 01 44 42 38 47 - Courriel : croixdeguerre-vm.siegenational@club-internet.fr .
La Croix de Guerre 1914-1918 est conférée, de plein droit :
¨ aux militaires, français et étrangers, ayant été l’objet d’une citation individuelle pour fait de guerre ;
¨ aux civils et aux membres des divers personnels militarisés qui auront été l’objet d’une citation ;
¨ en même temps que la Légion d’honneur ou la Médaille Militaire, aux militaires ou aux civils, non cités à l’ordre, dont la décoration aura été accompagnée au Journal officiel, de motifs équivalent à une citation à l’ordre de l’armée pour action d’éclat ;
¨ de manière collective, à des unités, des navires ou des escadrilles ;
¨ à des villes et des villages martyrs, qui ont été détruits, ravagés ou bombardés par l’ennemi. ( 2952 villes ont reçues la Croix de Guerre 1914-1918, décernée toujours avec palme dans ce cas. )
Largeur de 37 mm.
Vert traversé par 5 raies verticales rouges de 1,5 mm, avec sur chaque bord un liseré rouge de 1 mm.
Ce sont globalement les caractéristiques du ruban de la Médaille de Sainte-Hélène ; tel que le désirait Maurice BARRÈS, petit-fils d'un officier de la Grande Armée.
Une étoile de bronze pour une citation à l’ordre de la brigade, du régiment ou unité assimilée.
Une étoile d’argent pour une citation à l’ordre de la division.
Une étoile de vermeil pour une citation à l’ordre du corps d’armée.
Une palme de bronze en forme de branche de laurier pour une citation à l’ordre de l’armée.
Une palme d’argent en forme de branche de laurier remplace cinq palmes de bronze.
Croix pattée en bronze florentin du module de 37 mm, à quatre branches, avec entre celles-ci, deux épées croisées, pointes en haut.
Gravure du sculpteur Albert BARTHOLOMÉ.
Sur l’avers : dans un médaillon circulaire, l’effigie de la République coiffée d’un bonnet phrygien orné d’une
couronne de laurier, est entourée par un anneau portant la légende REPUBLIQUE FRANCAISE.
Sur le revers : dans un médaillon circulaire, les millésimes 1914-1918.
Originellement, sur les premières croix attribuées en 1915, les millésimes inscrits au revers sont 1914-1915, mais la guerre s’étant hélas prolongée trois années supplémentaires, il est possible de trouver des croix avec les millésimes 1914-1916, 1914-1917 et enfin 1914-1918.
Le choix du modèle fit l’objet d’un concours ouvert à tous les médaillistes, graveurs et sculpteurs de France.
Le modèle retenu ( présenté par le Syndicat des Fabricants d’Ordres ) a soulevé des critiques visant sa forme qui rappelait un peu trop selon certains, la forme des décorations allemandes ( croix de fer, croix du mérite militaire, etc. ).
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