MÉDAILLE COMMÉMORATIVE
DE CHINE
- 15 avril 1902 -
A la mi-mai 1900, un soulèvement s’étendant à toute la Chine du Nord menaça les intérêts des nations ayant établi des concessions ( légations ) dans les grandes villes et obtenu des territoires à bail dans l’empire de Chine.
Cette hostilité contre ces puissances, fut principalement animée par une société secrète, nationaliste et xénophobe, appelée « le poing de la concorde et de la justice », d’où le nom anglais de « Boxers » donné à ses membres.
Pour secourir les légations de Pékin assiégées et mater la révolte dans les provinces, il fut décidé par huit états ( Allemagne, Autriche, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie ) de constituer une armée internationale de 150 000 hommes placés sous le commandement suprême du feld-maréchal allemand comte Von WALDERSEE.
Le 14 août 1900, les troupes Russes du corps expéditionnaire international pénétraient dans Pékin. Ce conflit, auquel 18 000 soldats français avaient participé, se terminait par des négociations aboutissant à la signature, le 7 septembre 1901, d’un traité de paix avec la Chine.
L’Empereur d’Allemagne Guillaume II, proposa aux diverses puissances la création d’une médaille commémorative commune pour cette campagne de Chine, mais cette idée échoua par suite de l’opposition de la France et de la Grande-Bretagne.
Les huit nations participantes, à l’exception de l’Autriche, créèrent chacune leur propre médaille. Ainsi, ce fut par la loi du 15 avril 1902 que la France institua la Médaille commémorative de Chine, récompensant :
¨ les officiers, marins et soldats ayant pris part à l’expédition française de Chine, en 1900 - 1901 ;
¨ les Français qui, à titre civil, prirent part à la défense des légations de Pékin.
Elle fut attribuée à plus de 34 500 titulaires et était décernée par le Président de la République, sur proposition des ministres de la Guerre, de la Marine et des Affaires Étrangères.
Son attribution faisait l'objet de la remise d'un diplôme.
Largeur de 36 mm.
Ce ruban, identique à celui de la Médaille commémorative du Tonkin, est jaune coupé par quatre raies verticales vertes de 4 mm.
Une agrafe de style oriental en argent ou métal argenté avec l’inscription : 1900 CHINE 1901.
Médaille ronde en argent, du module de 30 mm.
Gravure de Georges LEMAIRE.
Sur l’avers : l’effigie de la République, coiffée d’un casque colonial orné d’une couronne de feuilles
de chêne et de laurier, était entourée par la légende REPUBLIQUE FRANÇAISE.
Sur le revers : une pagode entourée attributs militaires et maritimes avec l’inscription 1900 CHINE 1901.
La bélière était formée de deux dragons.
Lettre commune n° 20 de l'administration des Monnaies, du 25 mars 1903 : Cet insigne, frappé dans las ateliers de la Monnaie, est en argent, au titre de 950 millièmes ; il se compose : 1° de la médaille proprement dite, diamètre 30 millimètres, à laquelle est soudée une bélière ornementée ; 2° de l'agrafe ou barrette. La fabrication de cette médaille et de ses accessoires, soit dans le module réglementaire, soit eu module réduit, est réservée à l'Etat, et seule l'administration des Monnaies est autorisée à en vendre au commerce. De même que pour la médaille coloniale, la fabrication en imitation ( métal blanc ou autre ) est également interdite. Tous les exemplaires de la médaille de Chine 1900-1901, qu'il s'agisse du modèle réglementaire ou des réductions, sont frappés à la Monnaie et doivent porter la mention du différent « Corne d'abondance » ; sur les médailles du diamètre réduit, cette marque est apposée sur la tranche ; elle comporte, suivant la règle adoptée pour les médailles munies d'une bélière par la décision ministérielle du 29 octobre 1900 et circulaire n° 31, du 24 janvier 1901, deux empreintes de la « Corne d'abondance » placées en sens inverse et séparées par le mort « argent ». Quant à l'agrafe, elle est poinçonnée au revers dans le haut. Pour les enseignes du modèle réduit, le poinçonnement de la médaille et celui de l'agrafe se font d'après les mêmes règles, avec cette distinction toutefois qu'au lieu du poinçon complet, on emploiera, quand le faible module de la médaille et de l'agrafe le comportera, le poinçon simplifié, c'est-à-dire la « Corne d'abondance », portant au centre la lettre A, initiale du mot argent. On ne doit admettre à l'essai et à la marque aucune reproduction de ladite médaille et de ses accessoires, et s'il en était présenté on doit avertir immédiatement le service de surveillance.
Source :
Bibliothèque nationale de France
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Art. 1er. — Il est créé une médaille nationale commémorative de l'expédition de Chine 1900-1901.
Cette médaille, conforme pour le module à la médaille de Madagascar, portera au revers les mots « Chine 1900-1901 ».
Elle sera suspendue par un ruban conforme pour les couleurs et leur disposition au ruban de la médaille du Tonkin ; il y sera adapté une agrafe portant l'inscription « Chine 1900-1901 ».
Cette médaille sera accordée par le Président de la République, sur la proposition du ministre duquel dépend le corps ou le service auquel ils auront été attachés, à tous les officiers, marins et soldats ayant pris part à l'expédition française de Chine.
Elle sera également accordée, sur la proposition du ministre des affaires étrangères, aux Français qui, au titre civil, ont pris part à la défense des légations à Pékin.
2. — En cas de décès du soldat ou marin, la médaille sera remise, sur leur demande, à titre de souvenir, aux parents ci-dessous désignés et dans l'ordre suivant :
Le fils aîné, la veuve, le père, la mère, ou, à défaut, le plus âgé des frères.
3. — Les crédits nécessaires pour la fabrication de cette médaille seront prélevés sur les crédits votés pour l'expédition de Chine.
La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 15 Avril 1902.
Signé : Emile Loubet.
Le Ministre de la guerre, Signé : Gal L. André.
Le Ministre de la marine, Signé : De Lanessan.
Le Ministre des affaires étrangères, Signé : Delcassé.
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Art. unique. — Le paragraphe 4 de l'article 1er de la loi du 15 avril 1902 est complété comme suit :
« Cette médaille sera accordée par le Président de la République, sur la proposition du ministre duquel dépend le corps ou le service auquel ils auront été attachés, à tous les officiers, marins et soldats ayant pris part à l'expédition française de Chine. Elle le sera également à ceux qui, destinés à prendre part à cette expédition, ont débarqué au Tonkin dans la période comprise entre le 30 juin 1900 et le 8 août 1901, à moins qu'ils n'aient déjà reçu, à ce titre, la médaille coloniale. »
La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l'État.
Fait à Paris, le 15 Avril 1904.
Signé : Emile Loubet.
Le Président du Conseil, Ministre de l'intérieur et des cultes, chargé, par intérim, du Ministère de la guerre, Signé : E. Combes.
Le Ministre de la marine, Signé : C. Pelletan.
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