MÉDAILLE COMMÉMORATIVE
DES DARDANELLES
- 15 juin 1926 -

Dès l’année 1917, à la chambre des députés fut lancée l’idée d’instaurer une médaille commémorative spécifique en faveur des troupes ayant fait partie des unités du Corps Expéditionnaire Franco-Britannique des Dardanelles, placé sous les ordres du général anglais Ian HAMILTON.
Ces forces devaient en 1915, obliger la Turquie alliée de l’Allemagne, à ouvrir le détroit des Dardanelles aux flottes alliées devant ravitailler la Russie à partir de ses ports de la mer Noire.
C’est par la loi du 15 juin 1926 que sera créée la Médaille commémorative des Dardanelles, sœur jumelle de la Médaille commémorative d’Orient. Et, le 8 juillet de la même année, un décret définissait les caractéristiques de son ruban.
La Médaille commémorative des Dardanelles récompense, sans condition de durée de séjour :
¨ les personnels militaires des états-majors, corps et services, ainsi que le personnel civil relevant directement desdits corps et services, qui, après avoir été embarqués entre le 22 février 1915 et le 5 janvier 1916 inclus, à destination du corps expéditionnaire d’Orient ou des Dardanelles, ont pris une part effective aux opérations des Dardanelles ( tentative de forcement des Dardanelles, affaires de Kumkale, Sedd-Ul-Bahr, Krithia, etc.).
¨ les marins ayant pris part à l’expédition des Dardanelles.
Nul ne peut prétendre au port de cette médaille s’il a été l’objet d’une condamnation, sans sursis, au cours de la campagne, pour faits qualifiés « crimes » par le code de justice militaire ou maritime.
La médaille est attribuée sans diplôme ; un certificat, délivré sur la demande des ayants droit ou de leur famille, en tient lieu.
Les demandes d’attestations autorisant le port de cette médaille se font auprès du bureau des décorations au ministère de la Défense.
Largeur de 36 mm.
Alternance de six raies verticales blanches de 3,5 mm et de cinq raies verticales vertes de 3 mm.
Il est possible parfois de trouver des rubans équipés d’une agrafe de fabrication privée et de style oriental avec l’inscription DARDANELLES.
Médaille ronde en bronze, du module de 30 mm.
Gravure de Georges LEMAIRE.
Sur l’avers : la légende REPUBLIQUE FRANÇAISE entoure l’effigie de la République
casquée et couronnée.
Sur le revers : l’inscription DARDANELLES surmonte des attributs militaires rappelant
la collaboration des troupes de l’armée de terre et de la marine.
Sur les drapeaux, l’inscription HONNEUR ET PATRIE et les dates 1915-1918.
La bélière uniface est formée de deux palmes surmontées d’un croissant.
Source :
Bibliothèque nationale de France
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Art. 1er. — Il est institué une médaille dite « Médaille commémorative d'Orient ».
2. — Cette médaille sera accordée, sans condition de durée de séjour, aux personnels militaires et civils qui ont été embarqués, avant le 11 novembre 1918, à destination de l'une des unités ou services relevant soit du corps expéditionnaire français des Dardanelles, soit de l'armée française d'Orient, ainsi qu'aux personnels français ayant fait partie de l'état-major du commandement en chef des armées alliées d'Orient.
Auront également droit à la médaille, sans condition de délai, les marins ayant pris part à l'expédition des Dardanelles ou ayant participé, à l'Est du 21e degré de longitude de Greenwich, à des opérations sur mer ou sur terre se rattachant à celles effectuées par l'armée d'Orient.
3. — La médaille commémorative d'Orient sera en bronze et du module de trente millimètres ( 0 m. 030 ). D'un modèle analogue à la médaille commémorative du Maroc, elle portera, à l'avers, l'effigie de la République française, et, au revers, les attributs militaires rappelant la collaboration des troupes de la guerre et de la marine avec, en exergue, le mot « Orient » et, en inscription sur les drapeaux, les dates « 1915-1918 ».
Toutefois, le personnel militaire et civil de terre et de mer ayant pris part à l'expédition des Dardanelles recevra la même médaille avec, en exergue, le mot « Dardanelles ».
Cette médaille sera suspendue au ruban par une bélière également en bronze, ayant la forme d'un croissant.
Le ruban sera bleu et d'une largeur de trente-six millimètres ( 0 m. 036 ) ; il sera coupé dans le sens de sa longueur de trois raies jaunes, celle du milieu ayant une largeur de cinq millimètres ( 0 m. 005 ), celles des bords de deux millimètres ( 0 m. 002 ) seulement. Le ruban correspondant à la médaille d'Orient, réservée aux anciens combattants des Dardanelles, sera distinct du précédent et sera déterminé par l'autorité compétente.
4. — Il ne sera pas délivré de diplôme de la médaille que les ayants droit, ou leur famille, devront se procurer à leurs frais. Après examen de leurs titres, dans des conditions qui seront fixées par des instructions ministérielles, les intéressés recevront la certification de leurs droits à ladite médaille.
5. — Nul ne pourra prétendre au port de la médaille s'il a été l'objet d'une condamnation, sans sursis, au cours de la campagne pour faits qualifiés « crimes » par le code de justice militaire ou maritime.
La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 15 Juin 1926.
Signé : Gaston Doumergue.
Le Ministre de la guerre, Signé : Paul Painlevé.
Le Ministre de la marine, Signé : Georges Leygues.
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