MÉDAILLE DES ÉVADÉS

 

 

- 20 août 1926 -

 

 

 

HISTORIQUE & MODALITÉS D’ATTRIBUTION

 

 

En 1925, le député Marcel PLAISANT déposait auprès de la Chambre des députés et au nom des associations d’évadés de la guerre 1914-1918, une proposition de loi visant à créer une décoration particulière qui entraînerait l’attribution d’une croix de guerre au profit des évadés.
Cette requête fut satisfaite par la loi du 20 août 1926 qui créa la Médaille des Évades commémorant les actes d’évasion des prisonniers de guerre ainsi que des populations d’Alsace-Lorraine et des territoires occupés ( à partir du décret du 7 avril 1927 ).
Son attribution pour la guerre 1914 -1918, fut soumise à l’avis d’une commission interministérielle siégeant au ministère de la Guerre, qui décerna, à titre militaire, près de 16 000 médailles accompagnées de citation permettant l’attribution de la Croix de Guerre 1914 -1918 ou des T.O.E.
Pour les Alsaciens-Lorrains et les habitants des régions occupées, cette médaille était obtenue, après avis d’une commission spéciale du ministère de l’Intérieur.
L’ordonnance du 7 janvier 1944 étendit son attribution, après avis d’une commission, pour les actes et tentatives d’évasion, de militaires ou de civils, pendant la guerre 1939-1945. Au 1er janvier 1992, l’on dénombrait ainsi 38 976 médailles attribuées au titre de ce conflit.
Nul ne peut prétendre au port de cette médaille s’il a été, postérieurement à son évasion, l’objet d’une condamnation, sans sursis, pour faits qualifiés « crimes » par le code pénal ou le code de justice militaire.
La Médaille des Évades est considérée comme un titre de guerre lors de l’examen des dossiers de candidature à un grade dans la Légion d’honneur, la Médaille Militaire ou l'Ordre National du Mérite.
La forclusion du 1er janvier 1968 ayant été levée par décret, le 30 décembre 1981, il est possible de déposer de nouvelles candidatures auprès du ministère de la Défense.
Le dossier de candidature devra comprendre un récit de l’évasion et du témoignage de deux personnes ayant assistées à celle-ci, mais sans y avoir participer.
On dénombre un total de 15 000 attributions au titre de la guerre 14-18 et de 35 000 au titre de la guerre 39-45.
Un diplôme est remis au récipiendaire.

 

 

 

BÉNÉFICIAIRES

 

 

GUERRE 1870 - 1871

 

 

Les prisonniers de guerre évadés pendant le conflit de 1870-1871.

 

 

GUERRE 1914 - 1918

 

 

Les militaires et anciens militaires, prisonniers de guerre, qui, se sont évadés, entre le 2 août 1914 et le 1er novembre 1918.
Les femmes ou jeune filles françaises ayant accompli des actes d’évasion, sans qu’elles aient à apporter la preuve qu’elles se sont mises à la disposition de l’autorité militaire française ( avec citation sans croix de guerre ).
A titre posthume, les militaires ou civils qui ont été tués ou sont décédés des suites de blessures reçues au cours d’une évasion.
Les étrangers évadés avec des Français ou si, évadés eux-mêmes, il est notoire qu’ils ont favorisé l’évasion de Français ( avec citation sans croix de guerre ) ;
Peuvent exceptionnellement être admis à faire valoir leur droits à la médaille :

¨  les Alsaciens ou les Lorrains qui n’étaient pas encore ou n’étaient plus d’âge mobilisable, mais n’avaient pas été appelés sous les drapeaux par l’autorité allemande ;

¨  les Alsaciens ou les Lorrains qui ont quitté l’Alsace-Lorraine entre le 28 juillet et le 2 août 1914 ;

¨  les Alsaciens ou les Lorrains qui, blessés au cours de leur évasions, sont restés dans un état d’inaptitude à tout service jusqu’au 1er novembre 1918, s’il ressort de l’enquête qu’ils avaient eu l’intention de se mettre ultérieurement à la disposition des autorités militaires françaises ;

¨  les prisonniers civils internés en Allemagne et les habitants des régions occupées qui, blessés au cours de leur évasions, sont restés dans un état d’inaptitude à tout service jusqu’au 1er novembre 1918, s’il ressort de l’enquête qu’ils avaient eu l’intention de se mettre ultérieurement à la disposition des autorités militaires françaises ;

¨  les Alsaciens ou les Lorrains, prisonniers civils et habitants des régions occupées qui, ayant tenté de s’évader, furent repris et condamnés pour ces faits par les autorités allemandes ( avec citation sans croix de guerre ).

 

 

GUERRE 1939 - 1945

 

 

1. Les militaires et anciens militaires, prisonniers de guerre, qui se sont évadés, entre le 2 septembre 1939 et le 8 mai 1945 ( date reportée au 15 août 1945 pour le théâtre d’opérations d’Extrême-Orient ).
La médaille ne peut être accordée que si l’intéressé :

¨  ou bien est en mesure de prouver qu’il a réussi une évasion :

   - d’un camp de prisonniers de guerre régulièrement organisé et militairement gardé, ou il était détenu ;

   - ou d’un endroit quelconque où il était arrêté ou détenu en raison de son action dans la Résistance contre l’envahisseur et l’autorité de Vichy ( les prisonniers de guerre évadés de camp ou établissements situés en France métropolitaine doivent, en outre, après leur évasion, s’ils sont restés en France, avoir milité dans une organisation de Résistance ou, s’ils ont quitté le territoire métropolitain, avoir servi dans une formation de l’armée de la Libération ) ;

   - ou d’un territoire ennemi ou occupé ou contrôlé par l’ennemi, l’évasion comportant le franchissement clandestin et périlleux d’un front de guerre terrestre ou maritime ou d’une ligne douanière, étant entendu que les lignes de démarcation tracées en France ne sont pas considérées comme lignes douanières ( les personnes doivent avoir servi, après leur évasion, dans une unité combattante ou en opération de l’armée de la Libération ou des forces alliées ).

¨  ou bien justifie :

   - de deux tentatives d’évasion consistant en sorties effectives et périlleuses d’une enceinte ou établissements militairement gardés et situé en dehors des limites territoriales métropolitaines imposées en fait par l’ennemi, si elles ont été suivies de peines disciplinaires ;

   - ou exceptionnellement, d’une seule tentative d’évasion réalisée dans les conditions prévues ci-dessus et ayant entraîné le transfert dans un camp de représailles connu ou dans un camp de déportation et, de ce fait, l’attribution de la qualité de Combattant Volontaire de la Résistance.

 

2. Les Alsaciens et Lorrains incorporés de force dans l’armée allemande et échappés de ses rangs si, restés en pays annexé ou encore occupé par l’ennemi, ils ont fait partie activement d’une organisation de Résistance ou si, après franchissement d’un front de guerre ou d’une ligne douanière, ils ont rejoint les armées alliées.

 

3. Les Alsaciens et Lorrains qui se sont évadés d’Alsace et de Lorraine pour se soustraire à l’incorporation de force dans la Wehrmacht ou au service obligatoire du travail, si leur évasion a comportée le franchissement clandestin et périlleux des limites de leurs provinces et s’ils ont ensuite soit milité dans la Résistance, soit servi dans une unité combattante ou en opérations.

 

4. Les étrangers, dans les mêmes conditions qu’aux Français, s’ils combattaient dans l’armée française ou dans des formations de la Résistance française , lors de leur capture ou de leur arrestation ou si, évadés d’un territoire ennemi ou occupé ou contrôlé par l’ennemi, l’évasion comportant le franchissement clandestin et périlleux d’un front de guerre terrestre ou maritime ou d’une ligne douanière, étant entendu que les lignes de démarcation tracées en France ne sont pas considérées comme lignes douanières, ils ont rejoint une formation de l’armée de Libération.

 

Dans des cas exceptionnels et compte tenu des conditions dans lesquelles s’est produite l’évasion, l’attribution de la Médaille des Évades peut être accompagnée d’une citation comportant l’attribution de la Croix de Guerre 1939-1945.

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES

 

 

RUBAN

 

 

Largeur de 36 mm.
Vert avec trois raies verticales oranges, la centrale ayant une largeur de 6 mm et les latérales de 2 mm.
Étoile de vermeil fixée sur le ruban dans le cas d’une deuxième attribution au titre d’un autre conflit.

 

 

INSIGNE

 

 

Médaille ronde en bronze, du module de 30 mm.
Gravure de Alphée DUBOIS.

Sur l’avers    : l’effigie de la République couronnée de feuilles de chêne et de laurier, entourée de la légende
                      REPUBLIQUE  FRANCAISE.

Sur le revers : une couronne de feuilles de chêne entourant l’inscription  MÉDAILLE  DES  ÉVADÉS.

 

 

 

 

 


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