MÉDAILLES COMMÉMORATIVES
DE MADAGASCAR
- 31 juillet 1886 & 15 janvier 1896 -
En 1883, en vue de faire reconnaître le protectorat de la France sur la côte nord-ouest de l’île, le gouvernement décida l’envoi à Madagascar d’un corps expéditionnaire de 2 500 hommes environ, placés sous les ordres de l’amiral PIERRE puis de l’amiral Paul-Émile MIOT.
Ce corps, composé de trois bataillons ( un d’infanterie de marine, un second de fusiliers marins et un dernier constitué de volontaires provenant de l’île de la Réunion ) bombarda et occupa les ports de Majunga et Tamatave.
Le 8 juin 1886, un groupe de parlementaires constitué par 27 députés, déposait une proposition de loi en ces termes : « La faveur avec laquelle a été accueillie la proposition relative à la médaille du Tonkin, la satisfaction éprouvée par tous les braves soldats et marins qui ont pris part à cette expédition nous encouragent à vous proposer d'accorder une égale récompense aux soldats et marins qui ont pris part à la fatigante et meurtrière expédition de Madagascar. Les représentants du pays n'ont pas à voir en ce moment si l'on a eu raison d'entreprendre telle ou telle guerre lointaine, l'opinion publique a déjà fait justice sur ce point, il s'agit de récompenser les services rendus par des citoyens qui sont obligés de suivre leur chefs et leurs drapeaux et qui ont versé leur sang pour l'honneur de la France. Comme leurs camarades du Tonkin ils ont par leur courage, leur dévouement, leur constance, leur abnégation, mérité la récompense que nous sollicitons pour eux. »
Ainsi, en vue de commémorer leurs faits d’armes et récompenser les officiers, soldats et marins qui prirent part aux opérations à Madagascar, de 1883 à 1886, la loi du 31 juillet 1886, signée par le Président de la République Jules GRÉVY, institua la Médaille commémorative de Madagascar, d’un modèle proche de celle du Tonkin.
Son attribution donnait lieu à la remise d'un diplôme.
La première expédition s’était terminée, le 17 décembre 1885, par la signature d’un traité, entre les Français et la Reine Ranavalona III, reconnaissant la souveraineté de la reine sur l’île entière en échange de l’imposition du protectorat de la France et la cession de la baie de Diégo-Suarez.
Mais l’application de cet accord posera maints problèmes et engendrera dix années de troubles.
Ce furent ces raisons qui poussèrent, en décembre 1894, le Gouvernement français à renvoyer un nouveau corps expéditionnaire de 27 471 soldats et supplétifs, placés sous les ordres du général de division Jacques Charles René Achille DUCHESNE.
Malgré la perte de 7 983 soldats, en raison de paludisme, typhoïde ou dysenterie, la capitale Tananarive fut prise le 28 septembre 1895 par une colonne légère composée de 4 000 Sénégalais et Algériens.
Le 1er octobre, un traité imposant le protectorat français sur l’ensemble de Madagascar, était signé.
En plus des pertes humaines pour cause de maladies, le corps expéditionnaire eut à déplorer la mort de 7 soldats au combat et de 13 autres qui décédèrent des suites de leurs blessures.
Pour commémorer ces événements et récompenser les militaires, les marins, les auxiliaires sénégalais et les Kabyles qui prirent part à la seconde expédition, du 8 décembre 1894 au 31 décembre 1895, la loi du 15 janvier 1896 institua la Médaille commémorative de Madagascar, deuxième expédition.
Largeur de 36 mm.
Ruban identique pour les deux médailles : une alternance horizontale de raies bleues et vertes de 4 mm.
Le ruban de la médaille de 1895 portait une agrafe stylisée en argent, composée de feuilles de laurier et un ruban portant le millésime 1895.
MÉDAILLE COMMÉMORATIVE DE MADAGASCAR ( première expédition de 1883 à 1886 ).
Médaille ronde en argent, du module de 30 mm.
Gravure de Jean-Baptiste DANIEL-DUPUIS.
Sur l’avers : la légende REPUBLIQUE FRANÇAISE entourait l’effigie de la République casquée.
Sur la visière du casque l’inscription PATRIE.
L’ensemble était encadré d’une couronne de laurier.
Sur le revers : une petite étoile sur fond rayonnant, encadrée par les dates 1883 et 1886, surmontait
l’inscription MADAGASCAR placée au-dessus d’un trophée constitué par quatre
drapeaux et une ancre de marine.
L’ensemble était encadré d’une couronne de laurier.
Les premières médailles furent réalisées avec une attache de bélière de forme ovoïde.
MÉDAILLE COMMÉMORATIVE DE MADAGASCAR ( seconde expédition de 1894 à 1895 ).
Médaille ronde en argent, du module de 30 mm.
Gravure de Louis-Oscar ROTY.
Sur l’avers : la légende REPVBLIQVE FRANÇAISE entourait l’effigie de la République
coiffée d’un casque à visière.
Sur le revers : l’inscription MADAGASCAR surmontait un trophée d’armes placé au dessus
du millésime 1895.
Source :
Bibliothèque nationale de France
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Article unique. — Il est créé une médaille commémorative de l'expédition de Madagascar. Cette médaille, conforme pour le module et la face à la médaille du Tonkin, portera au revers le mot Madagascar. Elle sera suspendue par un ruban moitié vert, moitié bleu, par petites raies horizontales. Cette médaille sera distribuée à tous les officiers, marins, soldats et volontaires qui ont pris part à l'expédition.
La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Mont-sous-Vaudrey, le 31 Juillet 1886.
Signé : Jules Grévy.
Le Ministre de la marine et des colonies, Signé Aube.
LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE,
Vu le titre VI du décret organique de la Légion d'honneur, en date du 16 mars 1852 ;
Vu le décret disciplinaire du 24 novembre 1852 ;
Ensemble les décrets des 26 février 1858, 24 octobre 1859, 25 mars 1861, 15 mars 1864, 3 mars 1868 et 30 décembre 1885, relatifs à la discipline des médaillés de Sainte-Hélène, de Crimée, de la Baltique, d'Italie, de Chine et du Mexique, des titulaires de la médaille pontificale et des médaillés du Tonkin ;
Vu les décrets disciplinaires des 14 avril et 9 mai 1874 ;
Vu la décision, en date du 26 février 1858, qui autorise les ministres de la guerre et de la marine et, par délégation, les commandants en chef des armées de terre et de mer à prononcer, par mesure de discipline, contre tout militaire ou marin en activité de service pendant un temps qui ne pourra excéder deux mois, la suspension du droit de porter les insignes des médailles de Crimée et de la Baltique ;
Vu la loi du 31 juillet dernier qui crée une médaille commémorative de l'expédition de Madagascar ;
Sur la proposition du grand chancelier de la Légion d'honneur ;
Le Conseil de l'Ordre entendu,
Décrète :
Art. 1er. — Les dispositions disciplinaires des décrets des 16 mars 1852, 24 novembre 1852, 14 avril et 9 mai 1874 sont applicables aux titulaires de la médaille commémorative de Madagascar.
2. — Sont également applicables aux titulaires de ladite médaille les dispositions de la décision du 26 février 1858 susvisée.
3. — Les ministres et le grand chancelier de la Légion d'honneur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.
Fait à Mont-sous-Vaudrey, le 9 Octobre 1886.
Signé : Jules Grévy.
Le Garde des sceaux, Ministre de la justice, Signé : Demôle.
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Art. 1er. — Les militaires et marins ayant pris part à l'expédition de Madagascar, à partir du 8 décembre 1894 jusqu'au 31 décembre 1895, ainsi que les auxiliaires sénégalais et les Kabyles qui ont accompagné le corps expéditionnaire de Madagascar.
2. — Cette médaille sera conforme, pour le métal et le module, à la médaille de Madagascar instituée par la loi du 31 juillet 1886.
Le verso portera des attributs rappelant la collaboration des troupes de la guerre et de la marine. Le ruban sera conforme, pour les couleurs et leur disposition, au ruban de la médaille de Madagascar instituée par la loi du 31 juillet 1886, et auquel une agrafe portant le millésime « 1895 » sera adaptée.
3. — La médaille sera accordée par le Président de la République, sur la proposition du ministre duquel dépend le corps ou le service auquel ils auront été attachés, à tous les militaires ou marins ayant pris part à l'expédition.
4. — Les crédits nécessaires pour la fabrication de cette médaille seront prélevés sur les crédits déjà votés pour l'expédition.
5. — En cas de décès de l'ayant droit, la médaille sera remise, sur leur demande, à titre de souvenir, aux parents du défunt ci-dessous désignés et dans l'ordre suivant :
Le fils aîné, la veuve, le père, la mère, le plus âgé des frères ou, à défaut d'un frère, la plus âgée des sœurs.
La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 15 janvier 1896.
Signé : Félix Faure.
Le Ministre de la guerre, Signé : G. Cavaignac.
Le Ministre de la marine, Signé : Edouard Lockroy.
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Article unique. — Les militaires et marins ayant fait partie du corps d'occupation de Madagascar dans la période comprise entre le 1er janvier 1896 et le 31 octobre 1896 auront droit, dans les mêmes conditions que ceux qui ont pris part à l'expédition de 1895, à la médaille commémorative instituée par la loi du 15 janvier 1896.
La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 21 Juillet 1897.
Signé : Félix Faure.
Le Ministre de la guerre, Signé : Billot.
Le Ministre de la marine, Signé : G. Besnard.
Le Ministre des colonies, Signé : André Lebon.
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