MÉDAILLE COMMÉMORATIVE
D’ORIENT
- 15 juin 1926 -
C’est dès juin 1917, qu’auprès de la Chambre des députés fut lancée l’idée d’instaurer une médaille commémorative spécifique en faveur des troupes ayant fait partie des unités de l’Armée d’Orient qui, aux ordres du général d’armée Louis FRANCHET d’ESPEREY, provoquèrent la défaite de la Bulgarie, reconquirent la Serbie et la Roumanie, puis envahirent l’Autriche-Hongrie.
Mais ce n’est que par la loi du 15 juin 1926 que sera créée la Médaille commémorative d’Orient, sœur jumelle de la Médaille commémorative des Dardanelles.
La médaille est attribuée sans diplôme ; un certificat, délivré sur la demande des ayants droit ou de leur famille, en tient lieu.
Nul ne peut prétendre au port de cette médaille s’il a été l’objet d’une condamnation, sans sursis, au cours de la campagne, pour faits qualifiés « crimes » par le code de justice militaire ou maritime.
Les demandes d’attestations autorisant le port de cette médaille se font auprès du bureau des décorations au ministère de la Défense.
La Médaille commémorative d’Orient récompense, sans condition de durée de séjour :
¨ les personnels miliaires et civils qui ont été embarqués :
- entre le 22 février et le 4 octobre 1915 inclus, à destination du corps expéditionnaire d’Orient ;
- entre le 3 octobre 1915 et le 10 août 1916 inclus, à destination de l’armée d’Orient ;
- entre le 11 août 1916 et le 11 novembre 1918, à destination de l’armée française d’Orient y compris les formations françaises stationnées à Mytilène, à Corfou, ainsi que les missions militaires et éléments français détachés auprès des armées britannique, italienne, russe, serbe, hellénique et du contingent albanais ;
- entre le 28 octobre et le 11 novembre inclus, à destination de l’armée du Danube ;
- entre le 5 février 1915 et le 11 novembre 1918 inclus, à destination des troupes françaises du Levant.
¨ les personnels français ayant fait partie de l’état-major du commandement en chef des armées alliées d’Orient, entre le 11 août 1916 et le 11 novembre 1918 inclus.
¨ les personnels des missions militaires françaises en Égypte, y compris la base de Suez et les éléments détachés au Hedjaz.
¨ les personnels des détachements français de Palestine et de Palestine-Syrie, de la légion d’Orient et de la base de Port-Saïd.
¨ les marins ayant participé, à l’Est du 21e degré de longitude, à des opérations sur mer ou sur terre se rattachant à celles effectuées par l’armée d’Orient.
Largeur de 36 mm.
Bleu ciel avec trois raies verticales jaunes, de 5 mm pour la centrale et de 2 mm pour les latérales.
Il est possible parfois de trouver des rubans équipés d’une agrafe de fabrication privée et de style oriental avec l’inscription ORIENT.
Médaille ronde en bronze, du module de 30 mm.
Gravure de Georges LEMAIRE.
Sur l’avers : la légende REPUBLIQUE FRANÇAISE entoure l’effigie de la République casquée.
Sur le revers : l’inscription ORIENT surmonte des attributs militaires rappelant la collaboration
des troupes de la guerre et de la marine.
Sur les drapeaux, l’inscription HONNEUR ET PATRIE et les dates 1915 et 1918.
L’ensemble est encadré par des palmiers dattiers.
La bélière est formée de deux palmes surmontées d’un croissant.
Source :
Bibliothèque nationale de France
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Art. 1er. — Il est institué une médaille dite « Médaille commémorative d'Orient ».
Art. 2. — Cette médaille sera accordée, sans condition de durée de séjour, aux personnels militaires et civils qui ont été embarqués, avant le 11 novembre 1918, à destination de l'une des unités ou services relevant soit du corps expéditionnaire français des Dardanelles, soit de l'armée française d'Orient, ainsi qu'aux personnels français ayant fait partie de l'état-major du commandement en chef des armées alliées d'Orient.
Auront également droit à la médaille, sans condition de délai, les marins ayant pris part à l'expédition des Dardanelles ou ayant participé, à l'Est du 21e degré de longitude de Greenwich, à des opérations sur mer ou sur terre se rattachant à celles effectuées par l'armée d'Orient.
Art. 3. — La médaille commémorative d'Orient sera en bronze et du module de trente millimètres (0 m. 030). D'un modèle analogue à la médaille commémorative du Maroc, elle portera, à l'avers, l'effigie de la République française, et, au revers, les attributs militaires rappelant la collaboration des troupes de la guerre et de la marine avec, en exergue, le mot « Orient » et, en inscription sur les drapeaux, les dates « 1915-1918 ».
Toutefois, le personnel militaire et civil de terre et de mer ayant pris part à l'expédition des Dardanelles recevra la même médaille avec, en exergue, le mot « Dardanelles ».
Cette médaille sera suspendue au ruban par une bélière également en bronze, ayant la forme d'un croissant.
Le ruban sera bleu et d'une largeur de trente-six millimètres (0 m. 036) ; il sera coupé dans le sens de sa longueur de trois raies jaunes, celle du milieu ayant une largeur de cinq millimètres (0 m. 005), celles des bords de deux millimètres (0 m. 002) seulement. Le ruban correspondant à la médaille d'Orient, réservée aux anciens combattants des Dardanelles, sera distinct du précédent et sera déterminé par l'autorité compétente.
Art. 4. — Il ne sera pas délivré de diplôme de la médaille que les ayants droit, ou leur famille, devront se procurer à leurs frais. Après examen de leurs titres, dans des conditions qui seront fixées par des instructions ministérielles, les intéressés recevront la certification de leurs droits à ladite médaille.
Art. 5. — Nul ne pourra prétendre au port de la médaille s'il a été l'objet d'une condamnation, sans sursis, au cours de la campagne pour faits qualifiés « crimes » par le code de justice militaire ou maritime.
La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 15 Juin 1926.
Signé : Gaston Doumergue.
Le Ministre de la guerre, Signé : Paul Painlevé.
Le Ministre de la marine, Signé : Georges Leygues.
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