ORDRE IMPÉRIAL DE LA RÉUNION

 

 

- 18 octobre 1811 -

 

 

 

 

HISTORIQUE & MODALITÉS D’ATTRIBUTION

 

 

En 1811, l’Empereur Napoléon 1er est maître d’une grande partie de l’Europe. Nombreux sont ses titres et il a placé sur le trône des royaumes conquis et annexés, ses frères ou de proches collaborateurs. Dans tous ces nouveaux états rattachés à l’Empire, c’est l’avènement d’idées nouvelles plus égalitaires, qui sont celles de la révolution française ; mais c’est aussi la suppression des Ordres locaux. L’Empereur, fin politique et connaissant tout le bénéfice qu’il à pu retirer en créant la Légion d’honneur pour les Français, pense alors à l’instauration d’un nouvel Ordre, qui répondrait aux deux objectifs suivants : soulager les effectifs sans cesse croissants de la Légion d’honneur et, en outre, remplacer par un Ordre français, les Ordres étrangers abolis. Politiquement, la création d’un Ordre nouveau, étendu à l’ensemble des sujets de l’Empire, devrait être un catalyseur pour l’union des hommes d’une nouvelle Europe, placée sous la protection de l’aigle impérial.
Napoléon, le 3 août 1811, écrivait à son archichancelier, Régis de CAMBACÉRÈS, au sujet de l’Ordre nouveau : « Il faudrait chercher une devise qui fit sentir les avantages de l’union de la Baltique, de la Méditerranée, de l’Adriatique et de l’Océan. Ce grand événement qui caractérise vraiment l’Empire, pourrait s’appeler l’Ordre de l’Union ». Puis de nouveau le 12 août : « Mon cousin, je vous renvoie votre projet sur l’Ordre de l’Union. Je désire que le nombre des Commandeurs soit porté à 500 et celui des Chevaliers à 5 000. Cela donnera les moyens de soulager la Légion d’honneur, qui sans cela s’accroîtra à l’infini... La réunion consiste dans la réunion de la Hollande, des villes hanséatiques, de Rome et de la Toscane. Si l’on pouvait faire entrer dans la décoration quelque signe qui rappelât ces trois grandes réunions, cela serait d’un bon effet. (...) On pourrait dire dans le préambule que les services rendus aux anciens souverains sont récompensés comme ceux rendus à nous-mêmes ; ce qui donnera lieu à des chefs de vieilles familles de se croire des droits à cet ordre, chose qui est politique et convenable. Cela se rattacherait même à des services rendus à l’ancienne France. »
L’Ordre doit être créé en octobre 1811, à l’occasion du voyage de l’Empereur en Hollande. C’est donc à Amsterdam, le 18 octobre 1811, que Napoléon 1er signa le décret instituant l’Ordre impérial de la Réunion, doté d’une rente de 500 000 francs et devant être finalement composé de 10 000 Chevaliers, 1 000 Commandeurs et 200 Grand-croix. L’on nomma le duc de Cadore, Nompère de CHAMPAGNY, comme Grand chancelier ; le baron Van der Goes Van DIRXLAND ( ancien chancelier des Ordres du Roi de Hollande, Louis, frère de Napoléon ) comme Grand trésorier et sept Grand-croix. Rue de Grenelle, l’hôtel du Châtelet fut choisi comme siège de la Grande chancellerie de l’Ordre impérial de la Réunion, qui devait devenir par son prestige, le second Ordre de l’Empire.
L’Ordre était donc composé de Chevaliers, de Commandeurs et de Grand-croix qui prêtaient le serment suivant : « Je jure d’être fidèle à l’Empereur et à sa dynastie ; je promets sur mon honneur, de me dévouer au service de sa Majesté, à la défense de sa personne et à la conservation du territoire de l’Empire dans son intégrité ; de n’assister à aucun conseil ou réunion contraires à la tranquillité de l’État ; de prévenir sa majesté de tout ce qui se tramerait, à ma connaissance, contre son honneur, sa sûreté, ou de tout ce qui tendrait à troubler l’union ou le bien de l’Empire. »
Le 22 février 1812, il y eu une première promotion de 64 Grand-croix, et le 29 du même mois, une seconde comportant 74 Commandeurs. Ces premières promotions furent faites d’une majorité d’étrangers, des Hollandais notamment.
A partir du décret impérial du 12 mars 1814, les titulaires de l’Ordre purent prendre le titre de Chevalier de l’Empire et obtenir des lettres patentes, sous réserve de justifier de 3 000 francs de revenu. Ils devinrent membres du collège électoral de leur arrondissement ou de leur département de résidence et purent aussi faire admettre leurs filles au sein des maisons d’éducation de la Légion d’honneur.
La création de ce nouvel Ordre fut assez mal vécue par les membres de l’Ordre de la Légion d’honneur, notamment les militaires, et particulièrement par son Grand chancelier, le comte Bernard de LACEPÈDE, qui dans une lettre datée du 27 février 1812, écrivait à l’Empereur son amertume et sa crainte que « l’établissement d’un nouvel Ordre ne diminue la bienveillance dont votre majesté a daigné jusqu’à ce moment honorer sa Légion d’honneur. »
Néanmoins, l’Ordre impérial de la Réunion devait trouver sa place dans le cœur des Français, qui lui accordèrent une faveur certaine, comme second Ordre récompensant les mérites distingués ; à l’image, aujourd’hui, du rôle de l’Ordre national du Mérite.
Au 31 mars 1814, l’on pouvait dénombrer 1 622 titulaires, dont 614 étrangers, répartis dans les grades suivants : 1 364 Chevaliers, 127 Commandeurs et 131 Grand-croix.
Lors de la première Restauration, l’Ordre impérial de la Réunion ne fut plus conféré ( les titulaires étant néanmoins autorisés à porter leurs insignes ) et sa gestion rattachée à la Grande chancellerie de la Légion d’honneur. Mais au retour de Napoléon 1er, durant les Cent-Jours, l’Ordre fut de nouveau attribué.
Lorsque le Roi Louis XVIII remonte sur le trône de France, il fait supprimer définitivement l’Ordre impérial de la Réunion par ordonnance royale, le 28 juillet 1815. Le Grand chancelier de la Légion d’honneur demanda alors, le 2 août 1815, à tous les titulaires français de l’Ordre dissous, le renvoi des brevets, diplômes et des insignes qui devaient être, quant à eux, reversés à la Monnaie pour y être transformés après refonte, en pièces d’or destinées aux caisses de la Légion d’honneur.
A titre de compensation et afin d’éviter le mécontentement des ex-titulaires de l’Ordre impérial de la Réunion, il fut décidé que ces derniers recevraient, en général, la Légion d’honneur.

 

 

 

BÉNÉFICIAIRES

 

 

L’Ordre impérial de la Réunion récompensait les services rendus par tous les sujets de l’Empire, qu’ils soient Français ou étrangers, dans l’exercice des fonctions judiciaires ou administratives et dans la carrière des armes.

 

 

 

CARACTÉRISTIQUES

 

 

RUBANS

 

 

Moiré Bleu ciel.
Cravate permettant le port en sautoir pour le grade de Commandeur.
Grand cordon, constitué par un large ruban permettant le port en écharpe, pour la dignité de Grand-croix.

 

 

INSIGNES

 

 

CROIX

 

 

Étoiles double face en or, à douze branches émaillées de blanc et pommetées. Les intervalles entre branches étaient garnis par trente flèches d’or, réunies par groupe de cinq, dont les pointes dépassaient entre les six intervalles supérieurs et les extrémités entre les six intervalles inférieurs. Un ruban d’or passait sur ces flèches et portait sur sa partie supérieure, deux fois la devise  A  JAMAIS.

Sur l’avers    : le médaillon central en or représentait le trône impérial surmonté de l’aigle entouré des symboles
                      de différents états annexés par l’empire. Le dossier du trône, aux armes du Piémont, était parsemé
                      d’abeilles, ses bras soutenus par le lion de Florence tenant la fleur étrurienne de Toscane et par le
                       lion hollandais s’appuyant sur un faisceau de neuf flèches représentant les provinces néerlandaises,
                      deux tridents symbolisaient les villes d’Hambourg et de Gènes. La louve romaine, couchée au pied
                      du trône, était représentée allaitant Rémus et Romulus.
                      Cet ensemble était entouré par l’inscription en lettres d’or sur fond d’émail bleu ciel
                      TOUT  POUR  L’EMPIRE.

Sur le revers : le médaillon central en or représentait le  N  de Napoléon encadré par une couronne de laurier.
                      Il était entouré par la devise en lettres d’or sur fond d’émail bleu ciel  A  JAMAIS.

L’étoile était surmontée par une couronne impériale en or, portant un bandeau émaillé de bleu ciel, sur lequel était inscrit sur l’avers  NAPOLEON  et sur le revers  FONDATEUR.
Les insignes avaient officiellement les dimensions suivantes :

¨  35 mm pour l’insigne de Chevalier ;

¨  52 mm pour l’insigne de Commandeur ;

¨  65 mm pour l’insigne de Grand-croix.

 

 

PLAQUES

 

 

Les Grand-croix portaient sur l’habit une plaque brodée en argent, dont deux modèles existèrent :

¨  le premier était de forme légèrement ovale ;

¨  le second était rond et rappelait l’insigne.

L’on réalisa ensuite une plaque portative en argent, représentant l’avers de l’insigne, dont les branches étaient en écailles d’argent et la couronne impériale posée sur la branche supérieure de l’étoile.

 

 

 

 

 


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